Les vergers ont occupé, dès le XIIIème siècle, une grande place dans le patrimoine auvergnat. En effet, ils abritaient une multitude de variétés où la pomme était l’essence la plus représentée. Même plusieurs siècles plus tard en 1930, le Puy de Dôme atteint le premier rang des départements producteurs de pommes.
Les vedettes à l’époque étaient la Canada d’Auvergne et l’Armoise dans les « vallées fruitières » descendant des reliefs de l’ouest, et la Feuillue et la Comte sur les collines du Livradois. Cependant d’autres essences comme l’abricot étaient également très présentes. Effectivement, dès le XVème siècle, les vergers d’abricotiers de la région clermontoise contribuèrent grandement à la renommée fruitière de l’Auvergne.
Aujourd’hui tombée dans l’oubli, cette culture alimentait autrefois une industrie de la confiserie produisant fruits confits et pâtes de fruits dont la réputation dépassa largement les frontières régionales. L’industrie de la confiserie connue alors un grand essor, en particulier grâce à l’implantation de la sucrerie Bourdon en 1830 créée par le Duc de Morny. En effet, la fabrication du sucre entraina une forte augmentation de la transformation des fruits sous forme de confiture ou de pâte de fruit. Jusqu’au milieu du XXème siècle, les pâtes de fruits étaient un met de choix offert aux personnalités comme Richelieu en 1629 ou Voltaire en 1741, de passage à Clermont-Ferrand. Les fruits étaient, jusqu’au milieu du XXème siècle, produits dans des vergers dits traditionnels ou prés-vergers. Les arbres y sont de grande taille, conduits en haute tige et plantés espacés dans des prairies.
Abandonnés depuis près de cinquante ans pour des vergers intensifs, ils disparaissent à petit feu par manque d’entretien, ou le plus souvent victimes de l’évolution des pratiques agricoles.